La ludocréativité en classe  

Comment être content-e d’aller à l’école 300 jours par an ? 

Il est 8h du matin, la sonnerie retentit comme d’habitude. Les élèves, certains encore endormis de la nuit, d’autres déjà sur le « pied de guerre », entrent dans ma classe. Eduardo, élève allophone, plutôt introverti parlant très doucement et prononçant le français approximativement, arrive un peu en retard. Cet élève entre peu en interaction lorsque nous travaillons tout le groupe et reste en retrait au moment du « Comment ça va ? ».

Après une trentaine de minutes, nous descendons dans le préau pour jouer au loup glacé, à l’homme multicolore ou à la queue de la souris. Eduardo prend alors très rapidement sa place dans le groupe. Il est agile et joue avec intensité et joie, un sourire indélébile marque tout son visage.

Ainsi, il a vite été capable d’entrer en communication avec ses camarades, à partager ses émotions et ses connaissances avec le groupe.

Aujourd’hui, il participe également activement aux moments plus formels et s’investit à fond dans ses apprentissages.

Ceci s’est passé tout naturellement, sans qu’il n’y ait rien à forcer.

Lorsque je visite des classes, il est fréquent que je constate que les élèves s’ennuient, ne tiennent pas en place, peine à se motiver pour faire le travail demandé et au final n’apprennent pas à apprendre afin de devenir aptes à poursuivre leur formation tout au long de leur scolarité et plus généralement de leur vie.

Les professeurs, eux, me partagent souvent qu’ils sont stressés par les attentes institutionnelles, dépassés par une hétérogénéité trop importante dans les classes et épuisés par l’énergie nécessaire à contrôler les élèves.

Il me semble qu’encore à ce jour, l’école est fortement influencée par le modèle de transmission de connaissances – classification de l’acquisition – utilité professionnelle et sociale dont la didactique en est : présentation du contenu – exercices de confirmation – restitution du contenu. Le sujet (élève) n’est pas vraiment pris en compte, bien que le PER lui donne une grande place. 

En pratiquant la Méthode Pédagogie de l’Expression (MPE) dans ma classe, je vis les choses très différemment. Je suis calme et détendue, je partage des moments de joie intense avec mes élèves, je ne passe plus de temps à planifier et peux être créative pour choisir les objectifs d’apprentissage.

Les élèves sont contents, ont beaucoup d’occasions pour apprendre à se responsabiliser, s’impliquent et apprennent avec facilité.

 

Comment en suis-je arrivée là ?

Dès ma première année d’enseignement, je me suis interrogée sur mon rôle d’enseignante, ma responsabilité à être face à une vingtaine d’élèves et comment faire au mieux pour que ces enfants apprennent, s’épanouissent et deviennent responsables et que moi aussi j’y trouve de la satisfaction et de l’épanouissement. J’ai mis des années à acquérir une posture en accord avec mes valeurs et oser l’assumer au sein de l’école publique, où il n’est pas forcément facile de trouver sa place.

Depuis le début de ma carrière, je me questionne sur :

  • les valeurs qui m’animent ;
  • mes comportements et ce qu’ils génèrent sur les élèves ;
  • la pédagogie nécessaire pour devenir autonome et responsable.

Cela fait maintenant 35 ans que j’estime fondamental de :

  • me former ( : à tout ce qui touche mon métier) ;
  • expérimenter et tester différentes idées et d’en parler avec d’autres ;
  • travailler sur moi en me faisant accompagnée en continu.

En effet, apprendre sans cesse est simplement indispensable, car cela contribue à rester à la page et surtout baigner dans une dynamique enthousiasmante et stimulante.

Aujourd’hui j’utilise la MPE (Méthode Pédagogie de l’Expression) dans ma classe, depuis de nombreuses années, c’est ce qui permet tant  aux professeurs qu’aux élèves d’être contents, d’aller à l’école 300 jours de l’année. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai créé en 2013 l’ONG Plaisir d’Être, afin de transmettre cette méthode innovante et super efficace.

Ce qu’on va faire lors de cette PédagoDrink ?

Lors de cette PédagoDrink, tu vas apprendre et comprendre le contexte et l’enjeu de l’école d’aujourd’hui, l’intérêt d’innover face à des besoins nouveaux avec une pédagogie qui s’adapte au changement général. L’enseignement a besoin d’innover autant pour les enfants que pour les enseignants.

Je vais te montrer que ce n’est pas si compliqué que ça en a l’air, c’est souvent bien plus simple qu’on l’imagine !

La MPE ( : Méthode Pédagogie de l’Expression) est une réponse opérationnelle et fiable aux besoins éducatifs des enfants, permettant de la même manière l’épanouissement des encadrants ( enseignants, éducateurs, directeurs d’établissement et aussi parents, …) dans le respect de l’institution et de la hiérarchie scolaire.

« Pourtant, en ce début de XXIe siècle, nous nous trouvons tous en tant que citoyens devant un nouveau saut technologique dans l’évolution de la société qui provoque une crise dans les systèmes d’enseignement et d’éducation. Cela conduit à se demander de manière critique quelle serait la nouvelle modalité méthodologique qui permettrait une éducation pour tous et un enseignement de qualité afin de répondre aux réalités planétaires. »

(R. Dinello, Pédagogie de l’expression-méthodologie ludocréative, Edit. Persée, 2018).

Christine Romer

Il n’y a pas de bonne pédagogie si elle ne commence pas par éveiller le désir d’apprendre

François De Closets